Il y a moins de deux ans, le Canada ne comptait aucune ligue professionnelle de basket féminin. En mai 2024, un tournant s’opère lorsque la WNBA accorde une franchise d’expansion à Toronto. Depuis, le Toronto Tempo construit pièce par pièce ce qui s’annonce comme l’un des projets sportifs les plus ambitieux de l’histoire du sport féminin canadien.
Une ère historique au Canada
La franchise appartient à Kilmer Sports Ventures, dirigée par Larry Tanenbaum, déjà à la tête des Raptors de Toronto et de Maple Leaf Sports & Entertainment. Mais au-delà de la structure corporative, c’est l’identité de l’équipe qui retient l’attention. Le Tempo se positionne d’emblée comme l’équipe de tout le Canada, et non pas seulement de Toronto.
Pour leur saison inaugurale 2026, les joueuses disputeront des matchs à domicile dans trois villes : Toronto, Vancouver et Montréal. Le Centre Bell accueillera deux rencontres historiques les 10 et 12 juillet, face aux Dallas Wings puis aux New York Liberty. Avec une capacité de plus de 22 000 places pour le basketball, ces matchs pourraient battre le record d’assistance de la WNBA, établi à 20 711 spectateurs en 2024.
« Un nom s’impose au-delà du monde du basketball, celui de Serena Williams. »
Avant cela, le coup d’envoi officiel aura lieu le 8 mai 2026 au Coca-Cola Coliseum de Toronto, face aux Washington Mystics, à 19h30. Une date à retenir, car c’est la première fois dans l’histoire de la ligue qu’une équipe basée hors des États-Unis disputera un match de saison régulière. À la tête du banc, Sandy Brondello, entraîneuse doublement championne WNBA, dont la réputation n’est plus à faire. ( https://www.rds.ca/basketball/wnba/article/wnba-le-tempo-de-toronto-presente-son-entraineuse/ )
Dans le groupe de propriétaires, un nom s’impose au-delà du monde du basketball, celui de Serena Williams.
Un investissement stratégique
Le 3 mars 2025, le Toronto Tempo annonçait officiellement l’entrée de Serena Williams dans son groupe de propriétaires. Son implication prend tout son sens quand celle-ci exprime ouvertement: « J’ai toujours dit que le sport féminin est une incroyable opportunité d’investissement. ». Son engagement auprès du Tempo s’inscrit dans cette logique, avec l’objectif de valoriser les athlètes féminines et de bâtir une base de fans solide au Canada, bien au-delà du territoire américain.
Sa position au sein du Tempo n’est pas anodine sur le plan stratégique. Le nom de Serena Williams donne une visibilité immédiate et internationale à la première équipe canadienne de la WNBA. 23 titres du Grand Chelem, une carrière bâtie sur la persévérance et l’excellence, une influence qui dépasse largement le monde du tennis. Ce que peu de gens savent, c’est au Canada qu’elle a tout commencé.
Le 28 octobre 1995, à 14 ans, elle foulait pour la première fois un court professionnel lors d’un match de qualification au Challenge Bell de Québec, un tournoi du circuit WTA, le Women’s Tennis Association, soit l’équivalent féminin de l’ATP qui regroupe les meilleures joueuses de tennis professionnel au monde. Trente ans plus tard, la voilà copropriétaire de la première équipe féminine professionnelle de basketball au Canada. Le lien avec le Canada n’est pas récent, mais se poursuit.

Sandy Brondello, coach de Toronto TempoL’arrivée de la WNBA en Ontario n’est pas un événement parmi d’autres. C’est le début d’une nouvelle ère pour la visibilité des athlètes féminines, et pour toute une génération qui grandit en cherchant des modèles à regarder jouer.
(c) Julie- Andrea Boccovi (Neoquébec Sport – mars 26)


