La première équipe canadienne de la WNBA vient de dévoiler ses 11 premières joueuses. À quelques semaines du début de la saison régulière, le paradoxe est fort , pas une seule Canadienne dans l’effectif.

Toronto mise sur l’avenir
Le vendredi 3 avril, la WNBA tenait son Expansion Draft, soit le repêchage d’expansion, un mécanisme qui permet aux nouvelles franchises de se construire un effectif en puisant dans le vivier de joueuses non protégées des équipes existantes. Un processus rare, réservé aux franchises en expansion, et que le Toronto Tempo vivait pour la toute première fois.
Mais avant même de se rendre à cette étape de sélection, il fallait prendre une décision stratégique. Le 27 mars, un tirage au sort opposait Toronto à Portland. Le Tempo a remporté le tirage, et s’est retrouvé face à deux options. Prendre le premier choix au repêchage d’expansion, ou céder cette position à Portland en échange du 6e choix au repêchage universitaire du 13 avril. Toronto a choisi la deuxième option. Ce choix démontre
que Toronto est davantage porté vers la construction d’une équipe solide à long terme : des joueuses internationales en développement, des droits sur des joueuses qui ne joueront peut-être pas cette saison, des choix supplémentaires au repêchage.

Une équipe canadienne sans joueuse canadienne
Au total, 11 joueuses ont été sélectionnées par Toronto, dont sept joueuses qui ont débuté à l’extérieur du continent, elles représentent l’Espagne, la Belgique, la France, la Lettonie, l’Australie, la Russie et la Bosnie-Herzégovine. L’effectif est provisoire, et il le restera encore quelques semaines. La période d’agents libres et le repêchage du 13 avril viendront compléter le tableau.

ELIE HOROWITZ (Directeur général adjoint et vice-président principal de la stratégie de basketball) et MONICA WRIGHT ROGERS ( General Manager) – conférence de presse

L’absence de Canadienne a été constatée durant la conférence de presse qui se déroulait quelques minutes après la session de repêchage. Monica Wright Rogers, directrice générale du Toronto Tempo, l’a reconnu sans détour, tout en précisant que ce n’est pas terminé et que recruter une joueuse canadienne est clairement dans leur viseur. Elle confirme que « ce n’est pas une opportunité qui s’est présentée cette fois-ci, mais le bassin de talents canadiens les enthousiasme. »

 

Des francophones bien présentes
En attendant, les francophones ont de quoi se réjouir. Deux joueuses qui parlent la langue sont dans l’effectif.

La première, et la plus attendue, c’est Julie Allemand. La meneuse belge, sélectionnée en 2e position depuis les Los Angeles Sparks, est annoncée comme la pièce centrale du Tempo. En 34 matchs la saison dernière avec les Sparks, Julie Allemand a compilé 5 passes décisives par match, faisant d’elle l’une des meilleures passeuses de son équipe. Sa vraie valeur, c’est sa vision du jeu et sa lecture des deux côtés du terrain, des qualités que Monica Wright Rogers a particulièrement soulignées en conférence de presse : « Sa capacité à contrôler le tempo et à être une vraie chef d’orchestre sur le terrain. Je fais
vraiment confiance à son sens du jeu. »


La deuxième, c’est Adja Kane. Française, 21 ans, 1m90. Repêchée en 38e position par les New York Liberty en 2025, elle n’a pas encore disputé un seul match en WNBA. La direction du Tempo la considère comme un investissement à long terme.
Au-delà de ces joueuses, l’équipe s’est dotée de quelques joueuses d’expérience à l’instar de Marina Mabrey (arrière, scoreure des Suns du Connecticut), Nyara Sabally (pivot de New-York Liberty) ou encore de Aaliyah Nye  (arrière des Aces de Las Vegas, championne en titre)


Si la couverture médiatique québécoise est restée modeste comparée à l’importance de l’événement, ce n’est pas une surprise. Le basket féminin peine encore à s’imposer dans le paysage sportif d’ici. Mais pour ceux qui suivent, le calendrier parle de lui-même. Le 13 avril, le repêchage universitaire viendra compléter l’effectif, et le 8 mai, le Tempo disputera son tout premier match à domicile pour la saison régulière.

Pour rappel, le Toronto Tempo est la première franchise WNBA hors des Etats-Unis ( https://institut.neoquebec.com/alaune/serena-williams-et-le-toronto-tempo-lambition-sans-limites-du-basket-feminin/ )

(c) Julie-Andréa Boccovi (Neoquébec Sport – avril 2026)

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