Polytechnique Montréal annonce la création de nouvelles bourses destinées à encourager la participation des femmes en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM), avec un accent particulier sur l’intelligence artificielle (IA). Portées par la dirigeante Vanessa Cherenfant, diplômée en génie industriel de Polytechnique Montréal (Po 2008), ces Bourses d’excellence au féminin Vanessa Cherenfant visent à répondre à un enjeu de fond : alors que l’IA s’impose dans tous les secteurs, les femmes restent encore trop peu nombreuses parmi celles et ceux qui la développent.
Le constat est clair : selon le communiqué, seulement 22 % de la main-d’œuvre mondiale en IA est féminine. Pour Vanessa Cherenfant, ce déséquilibre n’est pas seulement une question de représentation. C’est aussi un enjeu économique et social, parce que les technologies qui façonnent nos vies doivent être conçues par des équipes capables de refléter la diversité du monde réel.
« L’intelligence est répartie de façon équitable dans le monde, mais les opportunités ne le sont pas », rappelle-t-elle. Une phrase qui résume, à elle seule, le cœur de la démarche : créer des portes d’entrée, réduire les obstacles, et soutenir des étudiantes qui veulent occuper pleinement leur place dans un domaine en pleine accélération.
Plus qu’une aide financière, un signal fort
Ces nouvelles bourses ne visent pas uniquement à offrir un soutien financier. Elles veulent aussi envoyer un message : la présence des femmes en IA est essentielle. Les systèmes d’intelligence artificielle s’appuient sur des données héritées de l’histoire, qui peuvent refléter — et parfois renforcer — des biais existants. Diversifier les équipes qui conçoivent ces outils devient donc un élément clé pour développer des technologies plus justes, plus fiables, et réellement au service de la société.
Pour les étudiantes, l’impact est très concret : ces bourses peuvent offrir la possibilité de se consacrer pleinement aux études, d’oser des projets ambitieux et de se projeter comme actrices de l’innovation, et non comme simples spectatrices.
Un engagement sur dix ans de la part de la philanthrope
L’initiative s’inscrit dans la durée : l’engagement philanthropique annoncé se déploie sur dix ans, avec l’objectif de contribuer à bâtir une relève féminine forte en intelligence artificielle.
Vanessa Cherenfant, qui a fondé une jeune entreprise en IA il y a près de dix ans, a aussi évolué dans des rôles mêlant ingénierie, technologie et transformation organisationnelle. Après un début de carrière chez Bombardier Aéronautique, elle a travaillé dans des contextes variés, notamment chez Cossette, avant d’occuper plus récemment le poste de cheffe de la direction stratégique chez VIA Rail, où elle a piloté des chantiers structurants en stratégie et transformation.
Elle s’implique également en gouvernance, siégeant au conseil d’administration de Télé-Québec et au comité d’investissement de Fondaction. Parallèlement, elle soutient son alma mater en participant au cabinet de la campagne ÇA SE PENSE À POLY, qui vise à récolter 150 millions de dollars d’ici 2028 pour appuyer les priorités de Polytechnique Montréal.
« L’IA de demain se construit aujourd’hui »
En créant ces bourses, Polytechnique Montréal et Vanessa Cherenfant posent un geste simple, mais stratégique : agir là où tout commence, au moment de la formation. Parce que l’intelligence artificielle n’est plus une promesse lointaine : elle est déjà en train de redessiner nos institutions, nos entreprises et nos vies quotidiennes.
Et si l’IA doit avoir un impact à la hauteur de la société qu’elle transforme, alors elle doit aussi être pensée et construite par une diversité de voix – à commencer par celles des femmes, encore trop souvent absentes des lieux où se conçoivent les technologies qui décideront du monde de demain.
BON À SAVOIR : De nombreux regroupements féminins existent à Montréal et au Québec pour promouvoir la présenceet l’implication des femmes dans les STEM, à l’instar de Black Ladies in Tech
(c) Institut Neoquébec (Fév. 2026)


