Le vendredi 6 mars, la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques d’hiver se tiendra à Vérone sans dix délégations. L’Ukraine, la République tchèque, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, les Pays-Bas, la Finlande, la Slovaquie et l’Allemagne ont toutes décidé de ne pas défiler. Cependant, le lendemain, leurs athlètes seront sur les pistes.

La raison ? La décision du Comité international paralympique (CIP) de réintégrer les athlètes russes et biélorusses sous leurs drapeaux nationaux, mettant fin à l’exclusion instaurée après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Pour les pays boycotteurs, cela reste incompatible avec les valeurs du sport tant que la guerre persiste.

L’affaire du casque

En février dernier, lors des épreuves de skeleton à Cortina, le porte-drapeau ukrainien Vladislav Heraskevych a été disqualifié par le Comité international olympique (CIO). Il avait refusé de retirer son casque orné des portraits de coéquipiers tués au front. Le CIO a invoqué l’article 50 de la Charte olympique, interdisant toute propagande politique. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), a rejeté son appel. Zelensky a accusé le CIO de « faire le jeu » de la Russie. Le contraste avec la réintégration russe aux Paralympiques était trop saisissant pour ne pas provoquer de réaction.

Absent de la cérémonie, présent sur la piste

Soyons clairs, ce boycott n’a aucun poids sportif. Ces dix nations participeront pleinement aux compétitions Cet acte partiel génère une visibilité médiatique réelle sur les décisions contestables du CIP, mais sans changer les règles ni le programme. Toutefois, ce boycott est un outil de visibilité politique, destiné à mettre en lumière les décisions contestables du CIP. Le message a été envoyé, mais l’impact concret sur la compétition, lui, reste à démontrer.

Ce paradoxe dépasse les Paralympiques. À quelques mois du Mondial de football 2026, co-organisé par les États-Unis, personne ne parle sérieusement d’un boycott total. Malgré les tensions géopolitiques mondiales, les stades se rempliront. Parce que la passion du sport est plus forte et plus audible que la politique. Le boycott total reste une arme que personne ne veut vraiment utiliser.

C’est peut-être là la vraie leçon de ces Paralympiques 2026, le sport a ce pouvoir étrange de rassembler ce que la politique ne parvient pas à diviser complètement.
(c) Julie Andrea Boccovi (Neoquébec Sport – Mars 26)

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