Plus de 50 organisations issues de sept provinces ont participé au lancement d’une nouvelle structure qui ambitionne de fédérer la diaspora africaine du Canada. Une initiative porteuse d’ambitions, mais qui devra relever le défi de la représentativité et de la complémentarité avec les organisations existantes.
Le 23 octobre 2026, le Sénat du Canada, à Ottawa, a accueilli le lancement officiel du Congrès pancanadien de la diaspora africaine (CPDA). Réunissant plus de 50 organisations provenant de sept provinces, cette initiative veut répondre à un constat : malgré la diversité et le dynamisme des associations africaines établies au Canada, leurs interventions sur les grands dossiers Canada-Afrique demeurent souvent dispersées.
Cette création est l’aboutissement d’un travail engagé le 6 février, lors d’une table ronde au Sénat. Une question avait alors émergé : comment mieux coordonner la parole d’une diaspora composée d’associations nombreuses, aux mandats et aux réalités parfois différents ? Après plusieurs mois de concertation, les participants ont choisi de créer un organisme-cadre sans but lucratif et non partisan.
Fédérer sans effacer les différences
Le CPDA ambitionne de devenir un interlocuteur auprès du gouvernement fédéral, du Parlement et des partenaires internationaux. Ses champs d’intervention couvrent le commerce, les investissements, la diplomatie et les relations entre les populations. À travers les compétences, les réseaux et la connaissance des réalités africaines de ses membres, il souhaite contribuer à un partenariat Canada-Afrique plus structuré et mutuellement avantageux.
Son principe fondateur repose sur la complémentarité : rassembler des organismes sans se substituer à eux. Chaque association conserve son identité, son mandat et son autonomie, tout en participant à une plateforme commune de dialogue et de propositions.
Cette logique de représentation collective existe déjà à d’autres échelles.
Au Québec, la Fédération Africaine et Associations du Canada (FAAC), qui a pris part aux discussions ayant précédé la création du CPDA, poursuit une mission comparable à l’échelle provinciale. Elle travaille à rassembler et représenter les communautés africaines, notamment sur les questions d’immigration et de participation citoyenne, tout en favorisant leur contribution au développement social, économique, scientifique, culturel et politique.
Son expérience illustre la pertinence de réseaux fédérateurs, mais également l’importance d’une complémentarité entre les structures provinciales existantes et cette nouvelle organisation pancanadienne.
Une gouvernance et des ambitions nationales
Le conseil d’administration fondateur du CPDA est présidé par Souad Elmallem, avec le Dr Edward Akuffo à la vice-présidence et Thierry Njomgang au secrétariat. Selon le Congrès, ses membres ont été désignés au terme d’un processus démocratique et consensuel. Il est à noter la présence « tutrice » de la sénatrice Amina Gerba qui a facilité la démarche sans occuper de fonction officielle au sein du nouvel organisme.

Aussi , pour élargir son implantation, le conseil d’administration a lancé un appel à candidatures pour une coordination nationale et treize postes d’ambassadeurs provinciaux et territoriaux. Les organisations intéressées sont aussi invitées à présenter une demande d’adhésion.
Reste cependant un enjeu central : transformer cette mobilisation initiale en une représentativité véritablement pancanadienne, dans une diaspora diverse sur les plans géographique, linguistique, générationnel et culturel.
Comment le CPDA entend-il fédérer davantage d’organisations, notamment celles déjà actives sur le terrain, sans créer de chevauchements ni laisser certaines voix à l’écart ?
Au-delà de l’enthousiasme entourant sa création, c’est dans sa capacité à rassembler largement, à dialoguer avec les structures existantes et à construire une légitimité inclusive que se mesurera la portée de cette nouvelle voix collective.
Pour toute information : contact@cpda-padc.org
(c) Institut Neoquebec (octobre – 2016)


