Le 28 avril 2025, les Canadiennes et Canadiens trancheront dans les urnes, après une campagne éclair de 37 jours. Depuis le 23 mars, les partis politiques fédéraux sont sur le pied de guerre partout au pays — sauf, évidemment, le Bloc Québécois, dont le terrain de jeu se limite au Québec.

Fini la torpeur de 2021. Cette fois, l’enjeu est réel, l’intérêt palpable. Pourquoi ? Parce que l’ombre de Donald Trump — de retour à la Maison-Blanche depuis à peine dix semaines — plane déjà sur la campagne canadienne. Ses premières décisions, fidèles à son style inimitable, secouent l’économie nord-américaine et forcent les électeurs d’ici à réfléchir à qui confier les clés du 24, promenade Sussex. Une élection canadienne… influencée par Trump ? Il fallait bien 2025 pour ça.

Du côté des intentions de vote, les sondages sont moins erratiques qu’en 2021. Tous pointent dans une même direction : les libéraux favoris pour rester au pouvoir. Mais dans quelle configuration ? Majoritaire ou minoritaire ? C’est la grande inconnue. Et seul le scrutin tranchera.

En attendant, les candidats sont officiellement connus, les affiches pullulent, et la bataille pour séduire l’électorat bat son plein d’un océan à l’autre.

Le Scope Diversité : la présence neoquébécoise dans les élections au Québec

Mis en place depuis 2015, le Scope Diversité nous permet, à chaque élection (municipale, provinciale ou fédérale), d’analyser les différentes candidatures et de porter une attention particulière aux candidatures néoquébécoises

La Chambre des communes à Ottawa compte 338 sièges, dont 78 issus du Québec. Ainsi donc le Québec représente 23,1% au sein de la Chambre.

Si l’on ne prend en compte que les quatre partis représentés à la Chambre des communes :Parti libéral du Canada (PLC), Parti conservateur du Canada (PCC), Nouveau Parti Démocratique (NPD) et le Bloc Québecois(BQ), cela fait un total de 312 candidatures à combler pour l’election fédérale d’avril 2025. Nous avons dénombré 45 candidatures neoquébécoises, soit 14,4%.

Les Candidatures Néo-Québécoises par Parti

Parti Libéral du Canada (PLC) : 21

De ces 21 candidat.e.s que présente le PLC (18 en 2021), sept (7) sollicite un renouvellement de leur mandat

Alexandra Mendes (2015 – 2019 -2021 – …) / Anju Dhillon ( 2015 – 2019 -2021 – …) /  Emmanuella Lambropoulos  (2017 – 2019 -2021 – …) /  Fayçal El-Khoury (2015 – 2019 -2021…)  /  Greg Fergus (2015 – 2019 -2021 – …).

Il faut mentionner que le nombre de candidatures neoquébécoises au PLC a légèrement augmenté, passant de 18 èn 2021, à 21 en 2025.

Parti Conservateur du Canada (PCC) : 12

Les 12 candidatures du PCC, sont toutes des personnes qui en sont à leur 1ère expérience électorale fédérale, en tant que candidates et candidats. Contrairement au Parti Libéral du Canada, on observe une diminution du nombre de candidatures neoquébécoises au Parti Conservateur. En 2021, le PCC comptait 15 candidatures, soit 3 de plus que pour l’élection 2025.

Nouveau Parti démocratique (NPD) :

Le NPD, c’est six candidatures (au moment où nous mettons en ligne) et si cela reste comme tel, il y a de quoi s’interroger sur le degré d’attractivité – et de rétention – du NPD envers les neoquébécois.e.s. Le parti de gauche passe ainsi de 19 candidatures en 2021 à 9 en 2025.

Sans parler du fait que parmi les 19 prétendant.e.s de 2021, seules deux sollicitent à nouveau les électrices et électeurs, Et fait intéressant, ce sont deux candidates-vedettes :

Djaouida Sellah : (ancienne députée du NPD de 2011 à 2015). Battue en 2016, elle va se présenter aux deux scrutins suivantes : 2019, 2021 et aujourd’hui en 2025.

Nîma Maachouf : la célèbre chercheuse, épidémiologiste s’est présentée pour la 1ère fois en 2019, puis en 2021 et maintenant en 2025. Toujours dans la même circonscription, mais n’a jamais gagné.

Bloc Québécois (BQ) :

Depuis l’arrivée de Jean-François Blanchet à la tête du Bloc Québécois en 2019, le parti souverainiste intègre des candidatures néoquébécoises, tout en veillant soigneusement à ne pas présenter cette ouverture comme un engagement envers la représentation de l’ensemble de la société québécoise. Le discours reste le même : “Nous présentons des candidatures québécoises, sans distinction.” Une manière habile, diront certains, d’éluder la question de la diversité tout en s’en réclamant discrètement

Comme le NPD et le PCC, il y a une diminution de candidatures « proprement, spécifiquement  neoquébécoises » au Bloc Québécois. De 9 candidat.e.s en 2021, on est tombé à 6. On note tout de même la présence de deux « rescapées » de 2021, deux militantes de longue date du mouvement souverainiste : Isabelle Dion et Soledad Bouchard Orihuela. 

Des candidatures plus ou moins nombreuses, peu d’élu.e.s

Bien qu’il ne réponde pas toujours aux attentes de son électorat et que le nombre de candidatures néoquébécoises tende à diminuer, le Parti libéral du Canada (PLC) continue de se présenter comme une formation politique « accueillante » pour de nombreux citoyennes et citoyens néoquébécois désireux de faire leur entrée en politique.

Est-ce une illusion ? Difficile de le soutenir lorsque l’on observe que, lors du dernier scrutin fédéral, sur les 65 candidatures néoquébécoises recensées parmi les quatre grands partis (PLC, BQ, PCC et NPD), les seuls élus issus de cette diversité provenaient tous du Parti libéral.

Ils étaient dix, toutes et tous élu·e·s sous la bannière libérale.

Faut-il y voir un problème structurel au sein des autres partis ? Il existe plusieurs pistes d’explication, que nous explorerons dans notre prochain article.

(c) CYEK – Institut Neoquébec (avril 2025)

 

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